POURQUOI LE MANQUE FAIT MAL ?

QUAND NOUS RESSENTONS LE VIDE, NOUS AVONS MAL! POURQUOI ?

Parce que auparavant il y a eu relation satisfaisante. C’est par rapport à une lien affectif et agréable qu’émerge le sentiment douloureux d’en être privé. Quand on nie cette souffrance (un de perdu dix de retrouvés) (même pas mal!) , on s’installe dans un fantasme d’autosuffisance. Dans le pire des cas, on fait une croix sur tout amour ou amitié à venir. Le « pas besoin de lui, d’elle » se transforme peu à peu en « pas besoin des autres ».

Paradoxalement, accueillir avec lucidité la conscience du vide permettra de donner un lieu intérieur à son désir. Et la capacité d’aspirer au lien aimant restera intact. On n’aura pas « perdu son âme » , la part animée, vivante, vibrante de soi.

La seule question est celle du désir. C’est de nous qu’il s’agit : voulons nous définitivement assécher, murer cet espace intime ou se meut notre quête d’un amour comblant ? Ce lieu interne de notre désir est bien réel, c’est lui qui nous permet d’avancer.

Le manque fait parti de la condition humaine. Pour valoriser la présence de quelqu’un à ses côtés, encore faut-il le désirer, lui faire de la place. Se lier d’amitié suppose un espace pour cela. on s’en aperçoit rétrospectivement. Nos expériences bien réelles de plénitude, aux côtés d’une personne que nous aimons et qui nous aime, sont limités dans le temps? Nous les apprenions d’autant plus qu’elles sont précédées et suivies de périodes qui nous renvoient à notre solitude de base.

RICOEUR écrit « le manque habite le cœur de l’amitié la plus solide, nous avons besoin d’amis parce qu’il y a quelque chose d’actif et d’inachevé dans le vivre ensemble. Nous sommes confrontés à une sorte de carence ou de manque qui tien au rapport même du soi à sa propre existence.

C’est ainsi que l’expérience douloureuse du manque peut se muer en bénédiction, pourvu qu’on persévère dans l’aspiration à nouer des liens affectifs enrichissants

Jusqu’ici nous disions pas de communion, de partage, de convivialité de relation aimante sans la contrepartie d’une solitude ineffaçable. Maintenant nous pouvons ajouter , Pas d’expérience d’absence d’autrui, d’abandon, d’isolement, sans voie d’accès à la communauté des humains grâce à la parole échangée.

Quand et comment décide-t-on de ne plus fuir systématiquement la souffrance du manque ? Je pense qu’on y est contraint par les évènements. il vient un moment ou le ne peut plus colmater. A moins de s’interdire de penser par tous les moyens (et il y en a) . Mais qui nous aidera a nous tenir « dans le lieu du manque, cet espace austère, sans certitude, sans réponse immédiate ? Celui qui à connu le désert nous soutient dans ce lieu aride. Là le sujet peut être révélé à lui même progressivement. Découvrant ce qu’il n’est pas et laissant advenir ce qu’il est .

Troublante alchimie entre l’invitation à visiter notre manque dans tous ces recoins et la découverte d’un visiteur qui en avait fait sa demeure. Plus brièvement, ce qui nous appartient, c’est le consentement dans la douleur, à épouser notre vide, en attente du proche absent…; l’absent peu a peu se fond dans l’absent. et c’est l’expérience d’un amour qui recueille et contient la personne aimée, tous nos êtres chers, au cœur même de notre béance. grâce qu souffle d’amour, l’abîme de l’absence se rempli d’amour abyssal. 

 

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