Le narcissisme ? Quelques précisions nécessaires

Il est paradoxal que le terme narcissique puisse signifier amour de soi, alors que les personnes les plus narcissiques n’ont justement pas de moi cohérent à aimer et que c’est la source de leur problème.

Depuis plusieurs années, de plus en plus de gens se plaignent en me disant qu’elles vivent avec des pervers narcissiques, des narcissiques. En m’appuyant sur les travaux de R. Greene et avec la participation de Patricia Adam à la rédaction de cet article, je vais tenter d’apporter un point d’éclairage sur le sujet afin d’éviter des jugements trop hâtifs.

Avant tout, nous devons reconnaitre avec honnêteté notre propre nature et éviter de nier qui nous sommes. Car nous sommes tous narcissiques.

Lors d’une conversation, nous sommes tous impatients de prendre la parole, pour raconter notre histoire, pour donner notre avis. Nous apprécions les gens qui partagent nos idées. Ils reflètent notre bon goût. S’il nous arrive d’être péremptoires, nous considérons notre puissance d’affirmation comme une qualité positive parce que c’est la nôtre, tandis que d’autres, plus timides, vont la juger détestable et valoriser plutôt les qualités d’introspection.

Nous sommes tous sujets à la flatterie en raison de notre amour-propre. Les moralisateurs qui essaient de se considérer en dehors des autres et dénoncent les narcissiques de nos sociétés actuelles sont souvent les plus narcissiques de tous. Ils adorent s’écouter parler, sermonner, accuser, prêcher.

 Nous sommes tous quelque part sur l’échelle de l’égocentrisme. Vouloir nier notre égocentrisme et prétendre que nous sommes plus altruistes que notre voisin empêche toute transformation.

Nous construire un « moi » que nous pouvons aimer est une étape saine de notre développement et il n’y a pas de honte à posséder une saine estime de soi. Car sans estime personnelle, nous serions tous de Grands Narcissiques. Mais pour dépasser le narcissisme fonctionnel, ce qui devrait être notre objectif, nous devons commencer par être honnête envers nous-mêmes.

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QUE FAIRE POUR BIEN VIVRE ENSEMBLE ? NOUS DEVONS NOUS TRANSFORMER EN NARCISSIQUES SAINS !

Comment ? vous le saurez bientôt dans une prochaine publication. Et avant d’aborder le « comment », nous devons comprendre un certain nombre de points importants.

Le premier point à prendre en considération est que nous, les êtres humains, réclamons un besoin d’attention illimitée dès notre naissance. Notre survie et notre bonheur dépendent des liens que nous tissons avec les autres. C’est notre nature sociale. Si ces autres nous ignorent, nous ne pouvons pas nous relier à eux, à quelque niveau que ce soit.  Nous éprouvons le besoin physique d’être regardés pour nous sentir vivant. Sans contact visuel, nous commençons à douter de notre existence et à entrer en dépression profonde. L’autre partie de notre besoin est psychologique.  A travers la qualité de l’attention que nous recevons, nous nous sentons reconnus et appréciés pour ce que nous sommes. Notre estime de nous- mêmes en dépend. Et pour l’animal humain que nous sommes, c’est d’une importance capitale.

Par conséquent, dès le plus jeune âge, nous sommes prêts à tout pour attirer l’attention jusqu’à commettre un crime pour certains ou tenter de se suicider, pour d’autres.

Cependant nos tentatives pour satisfaire notre soif d’attention se heurtent à un problème inévitable : l’attention dont nous voulons bénéficier est naturellement limitée. En famille, nous sommes en concurrence avec nos frères et sœurs, à l’école, avec nos camarades de classe, au travail, avec nos collègues et les moments où nous nous sentons reconnus et appréciés sont fugaces.

Proches ou moins proches, les gens qui ont leurs propres problèmes à régler peuvent être largement indifférents à notre sort. Et certains d’entre eux, nous sont mêmes carrément hostiles et nous manquent totalement de respect.

Imaginons que nous puissions évaluer notre degré d’égocentrisme à l’aide d’une échelle. En bas se situe le degré d’égocentrisme le plus fort, en haut le plus faible. Au-dessous du barreau du milieu, se trouvent les « grands narcissiques », il leur est difficile de se hisser au-dessus parce qu’ils manquent d’estime d’eux-mêmes. Si, à un moment donné, ils parviennent à s’engager avec les autres, il suffit d’un commentaire ou d’une action touchant un point sensible chez eux pour les faire redescendre. Et, avec le temps, ils auront tendance à être de plus en plus égocentrés. Les autres seront leur instrument. Cette réalité n’est que le reflet de leurs besoins et leur seul moyen de survie est l’attention qu’on veut bien leur porter.

Au-dessus du barreau du milieu, nous trouvons ce que nous pourrions appeler les « narcissiques fonctionnels », comme la plupart d’entre nous qui sommes aussi égocentriques. Mais ce qui nous empêche d’être de grands narcissiques, c’est un sentiment d’identité cohérent sur lequel nous pouvons compter et un « moi » que nous pouvons aimer. Cela crée une certaine résilience intérieure. Les narcissiques fonctionnels ne se sentent pas constamment blessés ou dans l’insécurité. Ils n’ont pas toujours besoin de capter l’attention des autres et sont capables d’orienter leur propre attention vers l’extérieur : de la focaliser sur leur travail et sur la création de relations interpersonnelles.

COMMENT GÉRER TOUT CELA LORSQUE NOUS NOUS SENTONS PSYCHOLOGIQUEMENT SEULS, VOIRE ABANDONNÉS ?

  1. Nous pouvons redoubler d’efforts pour nous faire remarquer mais nous risquons d’épuiser notre énergie voire obtenir l’effet inverse à de celui recherché (pouvant nous mener au burn-out : rechercher désespérément l’attention des autres jusqu’à provoquer une action répulsive).
  2. Nous pouvons également ne pas compter sur les autres pour nous donner constamment la validation dont nous avons terriblement besoin.

Face à cette difficulté, nous sommes nombreux à avoir mis en place une solution qui fonctionne assez bien.

Nous nous créons un moi, une image de nous-mêmes qui nous réconforte et nous permet de nous sentir légitimes de l’intérieur. Ce moi est composé de nos goûts, de nos opinions, de notre vision du monde, de nos valeurs.  En nous construisant cette image de nous-mêmes, nous avons tendance à accentuer nos qualités positives et à trouver des explications convaincantes à nos défauts.  Cependant, nous ne pouvons pas aller trop loin, car si notre image de nous-mêmes est trop déconnectée de la réalité, les autres vont pointer du doigt ce décalage, ce qui nous amènera à douter de nous-mêmes. Mais si nous faisons les choses dans une juste mesure, nous aurons un moi à chérir et à aimer. Notre énergie se tourne alors vers l’intérieur et nous devenons le centre de notre propre attention.  Le bienfait qui en résulte lorsque nous visons ces moments inévitables de solitude ou de manque de reconnaissance, est que nous pouvons trouver refuge dans ce moi profond pour nous apaiser. C’est ainsi que dans les périodes de doutes et de déprime, notre narcissisme nous remonte le moral, nous donne l’impression que nous valons quelque chose et peut même nous donner un sentiment de supériorité par rapport aux autres.

L’image de nous-mêmes fonctionne comme un thermostat nous permettant de réguler nos doutes et nos insécurités intérieurs. Ainsi nous ne sommes plus totalement dépendants de l’attention et de la reconnaissance des autres. Nous gagnons en estime personnelle.  Et tout cela s’opère à un niveau largement inconscient.

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 LES GRANDS NARCISSIQUES (il n’y en pas tant que cela, ne pas confondre narcissisme l’idéal de ceux qui tendent vers l’excellence)

Ce sont des personnes qui n’ont pas de « moi » solide et cohérent. Le moment clé de la construction du moi, d’un sentiment d’identité durable et aimable, se situe entre 2 et 5 ans. En nous séparant peu à peu de nos figures référentielles (parents, mère père), nous nous retrouvons face au monde qui ne nous apporte pas la gratification immédiate. Nous prenons aussi conscience de notre solitude et de notre dépendance à nos parents pour survivre.

Comment faisons-nous ? 

En nous identifiant aux aspects les plus positifs de nos parents : à leur force, à leur capacité à nous apaiser, que nous les intégrons en nous. Si nos parents nous encouragent dans nos premiers efforts d’indépendance, s’ils valident notre besoin de nous sentir forts et reconnaissent nos qualités uniques, alors une image de nous-même s’enracine et nous pouvons lentement nous construire sur une base solide.

LES GRANDS NARCISSIQUES ONT UNE FAILLE ÉNORME DANS CE DÉVELOPPEMENT, C’EST POURQUOI ILS NE PEUVENT JAMAIS VRAIMENT SE CONSTRUIRE UN SENTIMENT D’EUX-MÊMES COHÉRENT ET RÉALISTE.

Les parents de ces grands narcissiques peuvent eux-mêmes être de grands narcissiques, trop égocentriques pour reconnaître leur enfant et encourager ses premières tentatives d’émancipation. Ils peuvent également au contraire être de véritables pieuvres, surinvestis dans la vie de leur enfant, l’étouffant de leur attention, l’isolant des autres et vivant à travers lui. Ils trouvent le moyen de valider leur propre estime personnelle aux travers de ses progrès, en ne lui laissant pas la place de construire son propre sentiment d’identité. Dans les 2 cas, on retrouve soit de l’abandon, soit de la dévoration. 

Que se passe-t-il ?

 Ces enfants, devenus adultes n’ont pas de « moi » solide dans lequel se réfugier, pas de fondation pour développer l’estime d’eux-mêmes. Ils sont totalement dépendants de l’attention des autres pour se sentir vivants et « valables ».

Si dans l’enfance les narcissiques sont extravertis, ils sont capables de fonctionner assez bien, voire de s’épanouir. Ils deviennent maitres dans l’art d’attirer et de monopoliser l’attention des autres. Ils peuvent paraître vifs et captivants. Leur entourage peut voir dans leurs qualités le signe d’une future réussite sociale. Mais, sous la surface des apparences, ses enfants sont dangereusement « accrocs » à ces « shoots » d’attention pour se sentir entiers et dignes de valeurs.

Si, au contraire, ils sont introvertis, ils vont se réfugier dans l’imaginaire et se construire un moi fictif supérieur aux autres. Puisque cette image d’eux-mêmes est totalement déconnectée de la réalité, elle ne sera pas validée par les autres. (Ils peuvent se voir soit comme des dieux, soit comme des vers de terre. Ne possédant pas de noyau d’identité stable et cohérent, ils peuvent s’imaginer être n’importe qui changeant de personnalité au gré de leur imagination.

LE CAUCHEMAR DE CES GRANDS NARCISSIQUES SE PRODUIT ENTRE VINGT ET TRENTE ANS.  Car, ils n’ont pas pu développer leur thermostat interne avant de parvenir à cet âge.

Les extravertis ont constamment besoin d’attirer l’attention pour se sentir vivants et appréciés. Ils ont le goût du drame et du spectaculaire, se mettent en scène, s’exhibent, se donnent en spectacle et exagèrent le trait, ce qui peut devenir lassant. Ils doivent sans cesse changer d’amis et de public.

Les introvertis, eux, plongent de plus en plus profondément dans leur « moi imaginaire », mal à l’aise en société mais affichant leur supériorité, ils ont tendance à s’aliéner les autres, ce qui les isole encore davantage.

Dans les 2 cas, l’alcool, la drogue ou toute autre forme d’addiction peuvent devenir une béquille indispensable pour les apaiser dans leur moment de doute et de dépression.

 COMMENT LES RECONNAITRE ?

S’ils sont insultés ou contestés, ils n’ont pas de défense, pas d’arme intérieure pour les apaiser ni valider leur valeur. Alors ils réagissent avec une violente colère et sont animés par une soif de vengeance face à ce qu’ils ressentent comme une injustice. Ils sont irritables et hypersensibles. Ils prennent tout à titre personnel. Ils peuvent devenir paranos et s’inventer des ennemis partout. Vous pouvez lire l’impatience ou l’indifférence sur leur visage à chaque fois que vous leur parlez de quelque chose qui ne les concerne pas directement. Ils peuvent avoir des accès de jalousie démesurés s’ils voient d’autres personnes obtenir l’attention qu’ils pensent mériter. Ils manifestent souvent une assurance excessive qui contribue à les mettre sous le feu des projecteurs, dissimulant soigneusement leur vide intérieur et leur sentiment d’identité fragmenté. Cette confiance affichée est purement compensatrice.

Dans leurs rapports aux autres, les grands narcissiques ont un mode relationnel inhabituel, difficile à comprendre. Ils ont tendance à considérer les autres comme des prolongements d’eux-mêmes, c’est-à-dire des objets au service du moi. Le narcissique se sert de l’autre pour être vu et validé. Il veut le contrôler comme il contrôle sa jambe ou son bras.

Dans une relation amoureuse, il va lentement inciter son partenaire à se couper de ses amis ; à ses yeux, des rivaux qui lui volent la vedette et le privent de l’attention qu’il est le seul à mériter. Les relations avec un partenaire narcissique sont particulièrement insatisfaisantes car tout doit toujours tourner autour de sa personne. (Deux solutions possibles pour ne pas entrer dans un jeu relationnel toxique, faire une thérapie pour une réparation narcissique ou sortir de sa vie pour ne pas entrer dans son jeu).

Certains grands narcissiques talentueux réussissent à trouver une forme de soulagement dans leur travail, ils savent canaliser leur énergie et obtenir l’attention désirée grâce à la réalisation de projets et leurs succès, même s’ils restent assez imprévisibles, instables voire explosifs. Toutefois la plupart ont du mal à se concentrer sur leur tâche. Manquant d’estime personnelle, ils s’inquiètent sans cesse de ce que les autres pensent d’eux. En étant trop centrés sur eux-mêmes, ils ont du mal à focaliser longtemps leur attention ailleurs que sur leur petite personne, ainsi qu’à gérer l’impatience et l’anxiété liées au travail.

 QU’EN EST-IL ?

Ils changent fréquemment d’emploi et de carrière. Incapables de bénéficier d’une reconnaissance véritable à travers leurs réalisations, ils dépendent sans cesse du besoin d’attirer artificiellement l’attention. Il existe un type narcissique plus dangereux et toxique que les autres en raison du niveau de pouvoir qu’il peut atteindre : LE LEADER NARCISSIQUE.

La quasi-totalité des dictateurs et des tyrans tombent dans cette catégorie. En général ils sont plus ambitieux que les grands narcissiques et peuvent ponctuellement canaliser leur énergie dans le travail. Affichant une belle confiance, ils attirent l’attention des autres et font des adeptes. Ils disent et font des choses que les autres n’osent pas et leur prétendue sincérité suscite l’admiration. Ils peuvent être visionnaires et par la confiance qui émane d’eux, s’entourer de personnes qui les aident à concrétiser leurs idées.

ILS SONT EXPERTS DANS L’ART D’UTILISER LES AUTRES. TRAVAILLER SOUS LEUR DIRECTION EST SOURCE D’INSTABILITÉ

COMMENT FAIRE ?

Premièrement, nous devons parfaitement comprendre le phénomène des grands narcissiques. Bien qu’ils soient minoritaires, certains d’entre eux peuvent être terriblement nuisibles. Nous devons apprendre à repérer les individus toxiques qui provoquent des drames et tentent de faire de nous des objets à manipuler comme bon leur semble.  Ils sont capables de nous attirer avec leur énergie incroyable et si nous nous laissons prendre dans leurs filets, attendons-nous à vivre un cauchemar et à avoir de la difficulté à nous en extraire. Car ils sont très forts pour inverser les rôles et pousser les autres à se sentir coupables. Les leaders narcissiques sont les plus dangereux de tous, nous devons absolument résister à leur force d’attraction et voir ce qui se cache derrière leur créativité apparente.

Gérer les grands narcissiques est une compétence indispensable à acquérir dans notre vie car ils peuvent amener à la destruction.

Prochainement, comment développer un narcissisme sain

Les narcissiques sains possèdent un sentiment d’identité plus fort et encore plus solide que celui des narcissiques fonctionnels. Ils ont tendance à se situer plus haut sur l’échelle. Ils rebondissent plus vite après des blessures ou des injures. Ils n’ont pas besoin d’être autant « validés » par les autres. Et ils finissent par prendre conscience de leurs limites et de leurs défauts. Ils sont capables de se moquer de leurs failles et de ne pas prendre pour eux les affronts qu’on leur fait. A partir de leur noyau intérieur solide, ils sont capables d’orienter plus souvent et plus facilement leur attention vers l’extérieur. Ils peuvent avoir des moments de doute et d’insécurité intérieure, mais leur travail leur permet de ne pas rester trop centrés sur eux-mêmes et de libérer leur excès d’égocentrisme.

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SUBTILITÉS ENTRE PERVERS ET NARCISSIQUES

Dans la réalité un Pervers est toujours narcissique alors qu’un narcissique n’est pas forcement pervers;

D’après les travaux de nombreux psychologues sur le sujet et en particulier Hèlène Vecchiali, on découvre que des es similitudes sont certes importantes, mais les divergences sont dans les motifs de leur jouissance et dans le sort qu’il réservent à l’autre. D’où une l’ erreur fondamentale d’appeler un pervers « un pervers narcissique » .

Le pervers espère jouir de la destruction psychologique de l’autre, même si ce plaisir est toujours décevant.

Le narcissique jouit de sa propre survalorisation par une utilisation de l’autre : lorsque le partenaire est « périmé », il est simplement « éjecté » !

La pathologie du Narcissique est moins redoutable que celle du pervers. Le narcissique ne se nourrit pas du malheur des autres. Il vit ses relations sur un mode « pratique, concret, centré sur lui même. Sa sexualité est égocentrique, à la recherche de son propre plaisir avant tout. Il apprécie les personnes qui le mettront en valeur pour se faire valoir aux dépends de chaque objet-piédestal. Ses relations sont superficielles, avec une phase d’idéalisation si l’objet rempli bien son rôle. Il épuise ses « objets » et les rend obsolètes par une exploitation tyrannique. S’ensuit une phase de rejet soudain, sans appel, sans l’ombre d’une émotion, sans un état d’âme pour leur devenir.

Cependant, il est capable de s’investir dans sa famille, car ils sont forcement beaux ! son épouse est choisie pour sa beauté et ses descendants, quelque soit leur physique sont décrétés magnifiques . Ces supports décoratifs demeureront tant qu’ils resteront …objets de décors

La pathologie du Pervers est autrement plus dévastatrice. Il vit lui aussi sur un mode pragmatique, mais l’objet n’est plus un faire valoir. Il doit le vider de sa substance pour le remplir de ses propres frayeurs : objet-paillasson,, objet-poubelle.

Le pervers met aussi l’autre en danger en l’amenant à un point de rupture psychologique en lui soumettant inlassablement des défis frôlant l’illégalité ou malmenant ses valeurs. (il pousse à la malversation sans se mettre lui même en danger et rabaisse l’autre avec des « tu es trop dans la compassion, tu es trop gentil(le), trop généreux(se). Le mal qu’il fait aux autres offre sa jouissance principale :l’angoisse provoquée chez l’autre. il pense que faire souffrir peut le distraire de sa propre souffrance et l’affranchir de sa haine de lui même qu’il pressent en voulant l’ignorer.

C’est impératif de jouissance immédiate ne s’embarrasse surtout pas du désir – qui surgit d’un manque et qui exige de tenir compte de l’autre. Le manque est réservé au commun des mortels, donc ne le concerne pas … quand à l’autre, son existence en tant qu’humain est purement et simplement effacée.

SIMILITUDES ENTRE PERVERS ET NARCISSIQUE

Ces deux groupes ont en commun leur illusion d’être le centre du monde et pour ne pas basculer dans la folie, ils se sont construit sur :

  • Le déni : Refus d’entrevoir une réalité insupportable, qui est alors niée.
  • L’angoisse : Terreur de la mort et détresse identitaire, qui les poussent à une hyperactivité.
  • Le délire de grandeur : Certitude de leur supériorité, conviction de leur invulnérabilité, culte du « moi » démesuré.
  • La relation à l’autre : L’autre est un outil, un objet, un instrument, mais INDISPENSABLE, car il représente un antidépresseur puissant.
  • Paraitre : Séduction constante qui masque un désert interne, une détresse personnelle sans fin

DIFFÉRENCES ENTRE PERVERS ET NARCISSIQUES

  • Le narcissique : Il utilise l’autre pour sa propre gloire, pour se mettre en valeur, et lorsque cet objet est usé, éreinté, il le jette sans émotion, sans appel, et s’en désintéresse. Après quoi, il ne veut ni sont malheur, ni son bonheur, cela lui est indifférent.
  • Le pervers : Il veut jouir de la souffrance qu’il inflige. Il espère vider la proie convoitée de ses qualités, afin de ce les approprier. Il veut remplir sa victime de ses propres frayeurs et surtout lui faire mal à petit feu, la détruire psychologiquement. L’autre est la fois un réceptacle ou le pervers déverses ses angoisses et une belle substance dont il tente de se nourrir.

QUI SONT LES PERVERS ?

A fin de ne plus faire d’erreurs et de qualifier tout et n’importe qui de pervers , il semble important de savoir que pour repérer un pervers il doit cumuler tous les profils en même temps et cela sur une durée dans le temps.

Ils cumulent tous les profils en même temps:

  • Séducteurs: ils veulent plaire, attirer dans leurs filets
  • Vampires : ils cherchent à vider l’autre de sa vigueur
  • Magiciens : ils semblent disposer de pouvoirs prodigieux
  • Victimes : ils se font passer pour des souffre-douleur
  • Bourreaux : ils torturent
  • Fantômes : ils ont une identité floue, inconsistante
  • Comédiens : Ils sont capables de feindre toutes les émotions
  • Sauveurs : Héros qui repoussent un danger
  • Harceleurs: qui soumettent des attaques incessantes
  • Sadiques : qui prennent plaisir à faire souffrir

La structure du Pervers

  • Il fait parti des États limites (ou borderline)
  • Sa pathologie repose sur les dénis de la mort, de ses origines, de la différence sexuelle
  • Présence d’effrois, de détresse, d’angoisses, de tensions, de pulsions destructrices
  • Absence de projets, de sentiments, d’émotions

Son enfance

Mère qui ne laisse pas la place au père, mère toxique, ambivalente, omnipotente

Complaisance silencieuse du père sur les agissement de la mère, il n’arrête pas l’emprise de celle-ci sur son enfant : Il ne joue pas son rôle de rempart contre la perversité, il ne permet donc pas à l’enfant de passer du 2 au trois qui ouvre à l’altérité.

Son immaturité

  • Il est figé à un stade infantile
  • Il veut tout, tout de suite et tout le temps, il refuse toute frustration
  • Il évacue ses pulsions de mort sur son souffre douleur (mieux vaut empoisonner l’autre que moi)
  • Il agit avec calme, car il fait vivre sa rage à l’autre

Sa difficulté identitaire , son clivage

  • Il souffre d’une défaillance narcissique qui l’oblige à se dissocier
  • Docteur Jekill (illusion d’être parfait) et mister Hyde (envahie par sa noirceur) vivent alors séparément .

Sa culture

  • Elle est pauvre bornée, monolithique
  • Il étale sa science avec arrogance
  • il exploite les idées des autres

Ses Métiers

  • Ce sont ceux ou la séduction et le pouvoir interviennent
  • Hélas on trouve un grand nombre de pervers chez les thérapeutes : les victimes leur sont livrées à domicile !

PROFIL DE LA VICTIME DU PERVERS

  • Elle est vivante, donc très attirante pour le pervers qui, tel un vampire, est en quête d’un sang de qualité.
  • La richesse de la victime est grande : Fortes valeurs humaines et morales
  • Elle est chaleureuse, spontanée, aimable et maternante
  • Cette « belle personne » doute cependant d’elle même (c’est sa faille) elle à besoin de reconnaissance, d’admiration et une forte proportion à culpabiliser.
  • Le pervers repère ces défaillances et va les exploiter.
  • Cette faille peut être conjoncturelle : deuil récent, rupture amoureuse, nouveau job à responsabilité ou licenciement ..
  • Une structure hystérique (ce n’est plus l’hystérie scandaleuse du XIXème siècle. Il s’agit d’une structure névrotique « normale », contrairement à celle du pervers.
  • La personnalité hystérique cherche à se situer dans le désir de l’aitre, dans son discours, dans son jugement, au détriment d’elle même.
  • Elle attend de l’autre une réponse à ses propres questions existentielles, elle rêve de fusion avec lui.
  • Cette structure fait d’elle la proie parfaite pour une emprise perverse.

L’enfance de la Victime

  • La victime à souvent été sous l’emprise de parents ayant un trop grand souci éducatif et imposant leurs propres désirs, leurs souhaits, leurs envies.
  • Ces parents dominateurs lui ont fait vivre une « sous-existence »
  • Le pervers va alors la fasciner (entre autres artifices) en lui faisant miroiter une « sur existence »

UNE PARTICIPATION INVOLONTAIRE A L’EMPRISE

La phase de séduction idéale facilite la mise sous emprise de la victime, qui n’est pas masochiste, mais émerveillée par ce premier temps idyllique. Elle sera ensuite fidèle à cette lune de miel au début, espérant naïvement la retrouver telle que le préserver ne cesse de lui promettre, sans plus jamais l’acter. Elle participera à cette emprise, même dans la tourmente, en raison de sa grande loyauté envers son bourreau qu’elle cherche à sauver de lui-même.

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